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Faire
boucherie
En faisant
boucherie du cochon gras, il était important que l'on
procède à la fonte du saindoux. On n'y gagnait
pas seulement le gras à faire le pain, à frire
au besoin, ou à faire de la pâtisserie fine,
mais le sous-produit de la fonte - on ne le dit pas assez
- c'était bien les cretons canadiens.
La fonte
du saindoux n'était pas forte tâche, mais il
y avait des précautions à prendre. Dans le procédé
québécois, tout le gras récupérable
était employé. Cela signifiait fouiller les
coins les plus inaccessibles de la carcasse, tout autant que
le dos, le cou et le devant des épaules.
L'important
était de fondre cette graisse le plus tôt possible.
Certains gras - ceux du cou par exemple - étaient fondus
à part, le saindoux étant moins blanc et plus
grossier.
L'opération
se faisait dans une grande marmite. Si par bonheur, l'on possédait
un thermomètre de cuisson, l'on veillait à ce
que la température n'aille point au-delà de
212 degrés F (100C). Au début, il est bien certain
que nos trisaïeules avaient des moyens du bord, car les
thermomètres étaient rares en nos campagnes.
Revenons
au 212 degrés F (100C). Le lard à fondre avait
été réduit en dés, et le réchauffement
devait se faire très graduellement. en brassant constamment,
n'ajoutant les dés de gras que peu à la fois,
en geste très doux; pendant que montait lentement la
température. Lorsqu'elle atteignait 250F (120C) on
la retirait du feu. Il était très important
de bien surveiller la fonte et de brasser sans arrêt.
Les derniers résidus de chair calaient au fond, le
gras était cordé dans un coton et les résidus
mis en bols ou en moules. On ajoutait 14 cuilerées
à thé de soda à pâte au saindoux
coulé pour le blanchir avant de le mettre en moules.
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