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Lorsque
l'automne arrivait chez les "habitants" l'on - faisait
boucherie. Le porc, toutefois, était différent. L'on
ne perdait rien de la bête, et la saignée était
une tâche qui devenait presque une fête. Les hommes,
les femmes et les enfants de la parenté proche, les voisins
et les voisines venaient en spectateurs et en participants, à
ce qui devenait une cérémonie du solstice d'automne.
Il n'y a pas si longtemps même, alors que la coutume persistait
dans le Bas de Québec et au Lac Saint-Jean, le violon et
la guitare venaient accompagner les gigues de la fin de journée.
C'était
alors que, au tôt matin, le cochon engraissé l'année
durant et porté à ses trois ou quatre cent livres,
était palanté au linteau de la porte de grange, saigné
et débité. L'on pouvait rêver de jambon, de
boudin, de rôti de porc frais, de saucisse, de fumage et de
salage, jusqu'à la vessie du cochon que le grand-père
se réservait pour sa nouvelle "blague à tabac".
Quant aux femmes
elle pouvaient rêver, elles, de blanc saindoux avec lequel
cuire du pain d'exposition, et des pâtisseries à la
succulente finesse
Le boudin
À la
saignée, pendant que mourait lentement l'animal, le sang
coulait dans un vaisseau par terre. L'important était de
fabriquer le boudin avant que ne coagule ce sang.
Chaque ménagère
avait sa propre recette, et la renommée cantonale en suivait
l'excellence.
Un cochon bien
saigné donnait deux pintes de sang. On brassait le sang sans
arrêt, qu'il ne coagule pas. Arrivé à la maison,
on le coulait puis on lui ajoutait une pincée de gros sel,
toujours pour l'empêcher de coaguler.
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8 tasses de
sang
2 tasses de lait
2 lb de gras de panne haché fin
2 tasses d'oignons hachés fin
1 c. à thé de clou
cannelle au goût
sel et poivre au goût
1 couenne de lard
Incorporer
tous les ingrédients. Verser dans les tripes de porc bien
grattées et lavées. Mettre la couenne de lard dans
l'eau, amener l'eau au point d'ébullition. Retirer du feu.
Verser le boudin. Cuire 1 heure dans l'eau chaude sans laisser bouillir.
Sortir de l'eau. Refroidir. Quand on n'avait pas de tripes, on versait
le sang dans une lèchefrite bien graissée et on cuisait
au bain-marie 2 heures. On sert ce boudin tranché, revenu
dans le beurre ou le saindoux.
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