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Le Bourg de Saint-Denis
La seigneurie de Saint-Denis, érigée en
paroisse en 1740, d'après la loi de colonisation alors en
force, ne possédait pas le droit de grouper en village,
près de l'église paroissiale, les commerçants et les artisans
nécessaires à sa population. Afin d'obtenir l'autorisation
d'ériger un bourg dans sa seigneurie, le seigneur présenta
à Québec une requête aux autorités de la colonie. Le 17
mai 1758 MM. de Vaudreuil et Bigot, gouverneur et intendant,
émirent une ordonnance permettant à Claude Pécaudy de Contrecoeur,
chevalier de Saint-Louis, capitaine d'infanterie, seigneur
de Saint-Denis sur la rivière Richelieu, d'établir un bourg
dans la dite seigneurie de Saint-Denis sur un terrain de
deux arpents de front sur quatre arpents et trente pieds
de profondeur, etc. Les premières rues du bourg de Saint-Denis
furent le chemin du roi longeant la rivière Richelieu, la
rue du Curé vis-à-vis la côte de la traverse et la rue Sainte-Catherine.
La majeure partie de la rue du Curé disparut en 1835, lors
de la construction du deuxième presbytère; le reste de cette
rue disparut en 1876, quand l'hospice Saint-Louis fut construit.
Le territoire du bourg de Saint-Denis s'agrandit peu à peu
pour atteindre une étendue de vingt arpents en longueur
et cinq arpents en profondeur, divisée en sept rues parallèles
et douze rues transversales. La proclamation du 20 novembre
1903, érigeant le village de Saint-Denis en municipalité,
fixa son étendue à trente arpents par neuf en profondeur,
de la rue Saint-Denis vers les terres ou environ dix arpents
en profondeur en ajoutant l'étendue du terrain de la rue
Saint-Denis à la rivière Richelieu.
Municipalité
du Village de Saint-Denis
1903 à 1940 Premier conseil municipal -
Maires - Secrétaires-trésoriers - Avis publics - Partage
de l'actif de la municipalité de la paroisse - L'affaire
du grand fossé - Le saule de M. Cheval - Rue demandée, troittoirs
- Éclairage des rues, lumière électrique, téléphone - Achat
d'un terrain - Le marché - Pompe à l'incendie, citernes,
pompiers police - Place du marché, égouts de cette place
- Destitution du secrétaire-trésorier - Kiosque - Aqueduc
- Passage de la rivière, passeurs, - Auberges, licences.
Premier conseil de la
municipalité du village
Le village de Saint-Denis fut érigé
en municipalité de village le 20 novembre 1903. La
proclamation de sa constitution fut publié dans la
Gazette officielle, le 26 novembre 1903. Pour faire suite
à cette proclamation, en conformité avec la
loi, J.B. St-Pierre, préfet du comté de Saint-Hyacinthe,
donne le 7 décembre 1903, un avis public annonçant
que l'assemblée des électeurs municipaux,
pour l'élection de sept conseillers, se tiendra le
21 décembre 1903, à dix heures de l'avant-midi,
dans la salle publique.
L'assemblée des électeurs
eut lieu le 21 décembre 1903, conformément
au dit avis et fut présider par Louis Omer Dauray,
N.P., nommé à cette fin, le 7 décembre,
par le dit préfet J.B. St-Pierre. Les premiers conseillers
du village élus furent: Adolphe Charron, Diogène
Chevalier, Cléophas Dragon, Elie Leblanc, Naccisse
Leblanc, Alphonse Phaneuf, Elie Roy.
La paroisse de St-Denis
Population - Curés - Vicaires - Ordinations
- Marquilliers - Bedaux - Chantres - Organistes.
La paroisse de Saint-Denis avait à
son origine la forme d'un parallelogramme losangique de
deux lieues carrées d'étendue qui fut subséquemment
déformé par des sessions de territoire aux
paroisses de La Présentation, de Saint-Charles et
de Saint-Bernard de Michaudville.
Sa population qui en 1870 était de
2,500 varie maintenant autour de 1700. La perte de territoire,
l'émigration et la diminution des naissances sont
autant de causes de cette baisse de la population.
Dans le recensement fait par M. le chanoine
J.B. Michon, curé de Saint-Denis, la population de
la paroisse se repartissait comme suit en 1905:
- Population du village, 763, dont 601 communiants
et 162 non communiants.
- Population de la campagne, 1199, dont
840 communiants et 359 non communiants.
- Population totale de la paroisse, 1962
âmes. On comptait 106 septagénaires et 29 octogénaires,
59 pensionnaires et 54 externe au Collège St-François-Xavier,
38 pensionnaires, 50 quart-pensionnaires et 43 externes
au couvent de la Congrégation de Notre-Dame; 186
familles au village, 238 à la campagne.
- A la campagne, 294 personnes habitaient
le 1er rang, 313 le 2ième rang, ou rang de l'Amyot,
224 le 3ième rang, 326 le 4ième rang et 22
le 5ième rang.
Nos grands parents nous parlaient des quelques
bribes d'instruction que vers 1810, ils avaient reçues
dans leur enfance des professeurs ambulants qui autrefois
stationnaient ça et là dans nos paroisses.
Monsieur le grand vicaire Cherier, curé
de Saint-Denis de 1769 à 1809, avait pourvu en premier
lieu à l'instruction régulière des
filles de la vallée du Richelieu et de la vallée
de la rivière Yamaska en construisant, en 1782, un
couvent à St-Denis. Les soeurs enseignantes de la
Congrégation de Notre-Dame en prirent possession
l'année suivante.
M. François Cherrier fit aussi donner
une instruction supérieure aux garçons en
fondant, en 1805, un collège classique à St-Denis,
qui malheureusement disparut en 1817, huit ans après
son décès.
Il n'existait alors d'autres lois scolaires
que la réglementation de 1801, passée par
un gouvernement en majorité anglais et protestant,
faite en vue d'angliciser et protestantiser les habitants
du Bas-Canada.
En 1824 l'évêque de Québec,
Mgr Bernard-Claude Panet permit aux fabriques de consacrer
une partie de leurs revenus pour l'établissement
et le maintien des écoles. La même année
la législature du Bas-Canada se décida de
passer une loi d'après laquelle chaque fabrique pouvait
consacréer un quart de ses revenus pour l'établissement
d'une école par paroisse. Elle pouvait cependant
en établir deux quand le nombre de famille dépassait
200.
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La
Rivière Richelieu (La navigation)
Le
premier homme blanc à remonter la rivière
fut sans doute Samuel de Champlain en 1603.
La rivière
et son environnement, en plus d'être particulièrement
poissonneuse et riche en gibier, constituaient
une voie privilégiée pour le commerce
avec le Sud. Sans dire qu'il était proprement
habité, chaque tribu défendait durement
son territoire. La rivière servait de frontière
naturelle entre les Iroquois à l'ouest
et les Abénaquis à l'est.

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En Abénaqui on l'appelait MASOLIANTEKW,
qui signifie rivière de beaucoup d'argent. Elle porta
les noms de Rivière IROQUOIS et aussi de Rivière
CHAMPLAIN.
Plus tard, en 1609, Champlain partit avec
une soixantaine de Hurons et d'Algonquins jusqu'aux villages
des Cinq Nations Iroquoises non loin d'Albany afin de faire
la paix et de faire cesser les guerres entre les nations
autochtones. Mais ces efforts n'apportèrent que de
nouvelles querelles qui durèrent presque cent ans.
Cette démarche de Champlain n'est sans doute pas
étrangère au manque de sympathie que les Mohawks
ont par la suite toujours nourri pour les Français...
La rivière devint souvent le théâtre
de nombreuses luttes entre Français, Anglais, Iroquois,
Hurons, Abénaquis, commerçants de fourrures
et de produits venant du Sud. Le Régiment de Carignan,
qui remonta la rivière pour pacifier la région,
construisit un fort de pieux sur l'Île aux Cerfs ou
sur la rive ouest, près de l'île. Nous ne connaissons
par le lieu exact. Nous pouvons penser que c'était
une position stratégique de choix pour guetter l'arrivée
des Iroquois.
Un nom prestigieux pour
cette rivière
Les éloges rapportés sur les
beaux territoires baignés par la majestueuse Rivière
sont probablement à la source de la décision
de lui donner un nom célèbre en France : celui
du grand cardinal Richelieu. Quelle heureuse façon
aussi d'honorer un si grand personnage du royaume! En 1642,
sous le roi Louis XIII, Montmagny décréta
que la rivière porterait le nom de RICHELIEU.
Les premières paroisses
Les premières paroisses apparurent
le long des rives à partir de 1740. Un nombre croissant
de canots, de radeaux, de barques de toutes sortes se mêlaient
aux convois militaires de la Marine, cantonnée dans
la région pour défendre le grand territoire
du Lac Champlain appartenant encore à la Nouvelle
France.
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L'arrivée des marchands
L'invasion de l'armée anglaise en
1759 attira de nombreux marchands de New York qui sillonnèrent
les lieux habités pour subvenir aux besoins de ses
habitants. Ils ne tardèrent pas à établir
de nombreux entrepôts un peu partout. Attirés
par le profit, ils ramenaient également des produits
locaux de la chasse et de l'agriculture.
Une voie d'eau achalandée
Apparurent à cette époque
des barges à fond plat, des gabares à voile
dirigées par de longues piques et des radeaux de
bois tirés par des chevaux à partir de la
rive.
Dès 1780, le Richelieu servit de voie d'exportation
pour la potasse, les céréales d'orge et de
pois vers les villes et vers l'étranger.
XIXème siècle
La navigation sur le Richelieu prit donc
une importance considérable. La prospérité
de la région en dépendait essentiellement.
Tout le long de la rivière on construisit de vastes
entrepôts, flanqués de magasins. Les cultivateurs
apportaient leurs céréales et s'approvisionnaient
au magasin général.
Au printemps, à l'époque des
hautes eaux, des chalands remontaient de Québec pour
vider les hangars et remplir les comptoirs de marchandises
diverses.
De la Richelieu jusqu'à
Londres
En 1809, une première flottille anglaise
débarqua à Québec pour approvisionner
l'Angleterre en bois d'oeuvre. C'était la faute à
Napoléon qui par son blocus sur la mer Baltique obligeait
l'Angleterre à trouver d'autres lieux d'approvisionnement.
Alors, cet été-là, on vit circuler
de grands radeaux de billots de chênes et de pins
de la meilleure qualité, puisés dans nos régions.
Ces cages étaient acheminées jusqu'à
Québec au fil du courant. Certaines rumeurs rapportèrent
que l'on se serait servi du beau bois de la vallée
du Richelieu pour construire le Château de Windsor...Qui
sait?
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